Le saviez-vous ? Dans le commerce des gemmes, la confusion s’installe vite : pierres fines et pierres précieuses se côtoient dans les vitrines, mais tout le monde ne fait pas la distinction. La frontière est moins évidente qu’il n’y paraît, surtout quand il s’agit de choisir la pierre qui ornera un bijou. Voici de quoi éclaircir cette fameuse différence entre pierre fine et pierre précieuse.
Comprendre ce qu’est une gemme
Avant d’opter pour une bague en pierre naturelle, mieux vaut saisir quelques bases pour ne pas mélanger les catégories. Le terme “gemme” est souvent réservé, à tort, aux seules pierres précieuses. Pourtant, il englobe toutes les pierres qui possèdent un attrait décoratif ou ornemental, qu’elles soient précieuses, fines ou issues du vivant.
En somme, une gemme désigne toute pierre naturelle qui coche plusieurs cases : dureté, éclat, transparence, couleur marquée et rareté. Ces critères font la différence. On retrouve dans cette vaste famille aussi bien les pierres fines, les pierres précieuses que certains trésors organiques tels que l’ambre ou la nacre. Mais ce sont surtout les deux premières catégories qui sèment le doute.
Comprendre le terme “pierre précieuse”
Le mot “pierre précieuse” a longtemps servi à désigner les gemmes qui font rêver collectionneurs et joailliers. Mais depuis janvier 2002, la loi a tranché : seules quatre pierres peuvent officiellement porter ce nom. Diamant, saphir, rubis, émeraude. Pas une de plus. Ces gemmes incarnent un prestige qui s’étend bien au-delà du cercle des connaisseurs.
Si ces quatre pierres se distinguent, ce n’est pas par hasard. Elles répondent à trois exigences bien précises :
- Dureté : sur l’échelle de Mohs, le diamant atteint la note maximale de 10 ; l’émeraude plafonne à 7,5, tandis que rubis et saphir grimpent jusqu’à 9.
- Rareté : leur extraction et leur découverte restent compliquées, ce qui joue fortement sur leur valeur et leur désirabilité.
- Esthétique : couleur intense, brillance, transparence… Tout y est pour attirer le regard.
Le poids, mesuré en carats, entre aussi dans la balance pour estimer la valeur d’une pierre, qu’elle soit fine ou précieuse. Rien à voir avec le carat qui mesure la pureté de l’or ou d’autres métaux.
Qu’est-ce qu’une pierre fine ?
La pierre fine, c’est la gemme qui ne figure pas dans le cercle fermé des pierres précieuses. Cela ne l’empêche pas d’être utilisée dans des créations de joaillerie parfois spectaculaires. Le terme “semi-précieuse” a été officiellement abandonné dans le commerce, seul celui de pierre fine subsiste pour toutes les gemmes hors diamant, émeraude, rubis et saphir.
Plus répandues que les précieuses, les pierres fines offrent une impressionnante diversité : améthyste, topaze, citrine, turquoise, pierre de lune… et d’autres encore. Certaines matières organiques, comme la perle, le jais, l’ivoire ou la nacre, sont aussi regroupées dans cette catégorie car elles proviennent du monde vivant et non minéral.
Un point mérite l’attention : le prix ne sert pas à distinguer fines et précieuses. Certaines pierres fines sont plus rares, et parfois même plus onéreuses, que des précieuses classiques. Prenons la tanzanite, par exemple : sa rareté dépasse celle du diamant, malgré une dureté moindre (aux alentours de 6,5 à 7 sur l’échelle de Mohs).
Il n’existe pas de tableau officiel pour classer la qualité des pierres fines. Toutefois, les professionnels s’appuient sur un système de notation allant de AAA à A : AAA pour une qualité remarquable, A pour la qualité standard. Cette évaluation s’applique aussi bien aux pierres précieuses qu’aux pierres fines.
Que l’on soit tenté par un bijou étincelant ou simplement curieux, comprendre ce que recouvrent ces appellations, c’est déjà ouvrir la porte à un choix de gemme plus éclairé. Au bout du compte, chaque pierre porte en elle une histoire unique, il ne reste qu’à trouver celle qui vous correspond le mieux, ou peut-être celle qui vous surprendra.


